Le Festival du livre de Paris 2026
Malgré quelques polémiques survenues avant l’ouverture du Festival du livre de Paris qui réunit tous les ans des milliers de lecteurs, auteurs et éditeurs, cette édition 2026 affichait complet sur les trois jours.
Des polémiques avant le début du Festival
La participation d’Amazon
Six semaines avant l’ouverture du festival, la présence du géant américain en tant que partenaire officiel faisait polémique auprès des participants et du public. Dans un communiqué publié le 02 avril 2026, le Syndicat de la librairie française annonçait le retrait de sa participation à l’événement. Le SLF dénonçait la stratégie commerciale d’Amazon, qui, selon eux conduit à déstabiliser l’écosystème du livre en attaquant le prix unique du livre (…) et inonde le marché de faux livres générés par IA, promus par de faux commentaires, rédigés par de faux lecteurs et remontant en tête de faux palmarès.
Le 4 mars 2026 Amazon a réagi en publiant son propre communiqué dans lequel il se défendait en soulignant qu’en France 90 % des communes n’ont pas de librairies (sans s’attarder sur le rôle que le groupe joue dans cette pénurie de librairie…) et en affirmant vouloir faciliter l’accès à la lecture à tous. Finalement, et heureusement, le groupe américain a annoncé le retrait de sa participation : la décision a été prise d’un commun accord avec l’organisateur du Festival afin d’éviter une perturbation de son déroulement suite à des appels au boycott.
La crise chez Hachette et l’absence de ses éditeurs
Si cette année aucune manifestation contre Vincent Bolloré n’a été organisée, contrairement à l’édition 2025, l’ombre du milliardaire français planait tout de même sur le Festival du livre. Quelques jours avant l’ouverture du festival, Grasset annonçait le licenciement de son PDG, Olivier Nora par Vincent Bolloré, propriétaire de la maison mère Hachette depuis 2023. Ce licenciement inquiète le monde du livre car il pose la question de la liberté éditoriale.
À ce sujet, une tribune a été signée par plus de 170 maisons d’éditions indépendantes – dont les Éditions d’Est en Ouest, bien entendu – rappelant la dangerosité d’un pouvoir médiatique unique et centré et le risque pour le monde du livre.
De nombreuses maisons d’éditions du groupe Hachette (dont Grasset) étaient d’ailleurs absentes de cette édition 2026 du Festival du livre : seules les éditions Le Livre de Poche, Calmann-Lévy, BMR et Audiolib étaient présentes au Grand Palais. Les autres éditeurs ont participé en mars à un salon organisé à l’occasion des 200 ans du groupe.
Un événement qui attire les foules
Une fréquentation en hausse et une programmation séduisante
Malgré ces polémiques, le Festival du livre a connu sa plus forte fréquentation depuis 2022 : 121 000 visiteurs, contre 114 000 l’année dernière ! Cette forte affluence s’est parfois traduite par de nombreuses heures d’attente pour entrer dans le Grand Palais, notamment le samedi après-midi.
Cette année, le Festival du livre a accueilli 1 800 auteurs. Parmi eux, on retrouvait notamment des noms tels que Mélissa Da Costa, Guillaume Musso ou encore David Foenkinos. Mais les auteurs français n’étaient pas les seuls à avoir fait le déplacement : quelques auteurs internationaux étaient au rendez-vous, par exemple la romancière camerounaise Djaïli Amadou Amal ou l’écrivaine irlandaise Andrea Mara.

En plus des dédicaces, le Festival du livre proposait de nombreuses conférences sur les thèmes des métiers du livre (édition, écriture, traduction) ou sur des genres littéraires (dystopie, polar, sciences humaines). Il était également possible d’assister à des rencontres avec des auteurs (Yasmina Khadra, Amélie Nothomb). Ces rencontres ont eu un franc succès : les scènes étaient pleines et certains écoutaient même les conférences depuis l’extérieur !
Ce fort taux de fréquentation est une bonne nouvelle pour le monde du livre qui connait une crise depuis quelques années, d’autant plus que les moins de 25 ans représentaient près de la moitié des visiteurs ! Les achats de livres ont également augmenté de 30%.
La romance victime de son succès
Si cette année la bande dessinée était mise à l’honneur grâce à des expositions, un autre genre littéraire s’est imposé : la romance. Les éditeurs de romance étaient placés à l’étage, aux côtés des éditeurs indépendants. Ils ont connu une très forte affluence au point de créer des problèmes de circulation sur les balcons. Toutefois, de nombreuses lectrices ont souligné la bonne organisation et la bienveillance du personnel sur les stands ainsi que des bénévoles. Malgré un nombre de places limité, les amatrices de romance étaient ravies d’avoir l’occasion de rencontrer leurs autrices préférées, dont Morgane Moncomble qui s’est hissée à la deuxième place du top 10 des auteurs français en 2025.
Cet essor de la romance va-t-il influencer l’organisation du Festival ? Seul l’avenir nous le dira !
Nos maisons amies
Si les éditions d’Est en Ouest n’étaient pas présentes au Festival du livre cette année, quelques-unes de nos maisons amies l’étaient, en dignes représentantes des éditions indépendantes :

Les éditions Claire Pauhlan étaient présentes parmi les éditeurs d’Île de France. Fondée en 1996 par Claire Pauhlan, cette maison d’édition est spécialisée dans la publication de récits autobiographiques : journaux intimes, correspondances, mémoires, etc.
Les éditions Le Héron d’Argent se trouvaient également au Festival du Livre. Fondée en 2014 par Vanessa Callico, cette maison d’édition publie de la littérature de l’imaginaire francophone et des beaux livres sur des sujets variés. Ce sont eux notamment qui ont publié l’artiste japonaise Shiitake avec des beaux-livres encyclopédiques. Les éditions Le Héron d’Argent ont eu un week-end bien chargé avec plus d’une trentaine de séances de dédicaces au programme !

Les éditions Akinomé étaient présentes à l’étage, parmi les éditeurs indépendants. Fondée en 2015 par Stéphanie de Bussière, cette maison d’édition propose un riche catalogue autour du voyage et particulièrement de l’Asie : des ouvrages de vie pratique, des carnets et récits de voyage, des albums jeunesse, etc.
Les éditions JS, fondées en 2020 par Jeanne Sélène, se spécialisent dans la littérature francophone. Cette maison publie plusieurs genres littéraires : ouvrages graphiques, littérature de l’imaginaire, romance, jeunesse, etc. La maison a la volonté de mettre en scène des personnages issues de communautés minorisées.
Enfin, la maison d’édition/librairie l’Asiathèque était également présente au Grand Palais. La librairie est fondée en 1973 par Alain et Christine Thiollier. En 1978, ils décident de se lancer dans l’édition. Les premiers livres publiés sont des ouvrages pédagogiques autour de l’Asie et des langues. Puis, petit à petit, d’autres collections voient le jour : littérature, philosophie, ouvrages sur l’art et le cinéma, etc. Les ouvrages des Éditions d’Est en Ouest sont à retrouver dans cette belle librairie du XIe.
Malgré quelques couacs d’organisation, cette édition 2026 du Festival du livre a été un grand succès. Les amoureux du livre ont eu l’occasion de rencontrer leurs auteurs préférés, d’obtenir des nouveautés en avant-première et de rencontrer de nouveaux passionnés !
Sources :
Hocine Bouhadjera, « Amazon partenaire du Festival du livre de Paris : les libraires claquent la porte », actulitte.com, mars 2026
Hocine Bouhadjera, « Festival du Livre de Paris : Amazon se retire pour éviter une perturbation du salon », actulitte.com, mars 2026
« Le Festival du livre de Paris connaît sa plus forte fréquentation depuis 2022 », lefigaro.fr, avril 2026
« Festival du livre 2026 : les billetteries Hugo et BMR ne font pas que des heureux », theromancetimes.fr, mars 2026
« Top 10 des auteurs français 2025 : Mélissa Da Costa détrônée, Levy et Musso absents… Qui à la première place ? », ouest-france.fr, janvier 2026