Ashura Girl d’Ōtarō Maijō, lauréat du 16e prix Mishima
Nunui partage sur son blog Nekoshoka (« La bibliothèque du chat ») des critiques de littérature depuis des années. Il aborde dans cet article le roman Ashura Girl d’Ōtarō Maijō, qui a remporté le 16e prix Mishima.

À qui recommander cette lecture ? ★★★☆☆
Je recommande : à des gens qui veulent apprécier le style littéraire frénétique de Maijō ; aux lecteurs avides de mystères mais ouverts d’esprit et pas particulièrement attirés par les résolutions logiques ; à ceux qui veulent passer du bon temps à lire une histoire de lycéenne déchaînée ; aux gens qui vivent vers Chōfu (lol).
Synopsis
Aiko et son camarade de lycée Akahiko Sano font face à leur libido débordante et finissent par coucher ensemble. Après quoi Akahiko disparaît : il a été enlevé. Le lendemain, les autres s’en prennent à Aiko dans les toilettes du lycée, pensant qu’elle a un lien avec cette histoire. Au même moment, un tueur en série fait des ravages dans la région. Sur Internet, les réseaux sociaux se déchaînent. Ici et là, les jeunes vont se rassembler et laisser libre cours à leur rage sous prétexte de partir à la chasse à ce tueur.
Certes il y a du mystère, mais…

(Attention, légers spoilers)
Quand bien même la saga de la famille Natsukawa (N.d.T. précédente trilogie de l’auteur) était plutôt sympa, l’auteur y avait plus ou moins conservé une structure « découverte de mystère => résolution », mais il a ici totalement changé sa façon de faire. Que ce soit le kidnapping ou les meurtres en série, les péripéties sources de mystère ne manquent pas et s’enchaînent continuellement, mais le cœur du récit est bel et bien Aiko. Tout ce qui n’arrive pas à faire vibrer la corde sensible de l’insouciante Aiko disparaît progressivement de l’intrigue. J’ai trouvé ça sympa qu’elle aille jusqu’à imiter l’éveil du Bouddha.
D’ailleurs, au moment de la publication de ce livre, j’habitais dans la banlieue de Chōfu, pas très loin de Tokyo, donc ma lecture de « l’Armageddon de Chōfu » m’a paru très vivante. J’imagine qu’Ōtarō Maijō a vécu dans le coin.
Article original
Ashura Girl d’Ōtarō Maijō, lauréat du 16e prix Mishima (en japonais)